Une ville intelligente. Voici un terme à la fois futuriste et légèrement inquiétant que l’on entend de plus en plus. Mais qu’est-ce que cela veut dire au juste ?
C’est le thème de ce podcast, enregistré dans le cadre de l’Ecozone : la fête de l’écologie à Nanterre avec Sophie Donzel, adjointe au maire déléguée à l’environnement, l’écologie urbaine et au patrimoine communale ; Yannick Avelino, trésorier de l’association Electrolab : le hackerspace de Nanterre et Francis Wolinski, président de Rueil Digital

Tout d’abord, qu’est-ce que l’on appelle aujourd’hui une ville intelligente ? Les réponses sont multiples : c’est une ville connectée « aux besoins des habitants » selon Sophie Donzelle,  mais aussi à leur confort et à leur bien-être  et surtout, une ville moins gourmande en énergie. Presque une cité idéale donc. Mais comment la mettre en place ? Quels sont les risques ? Les avantages ?

Une ville connectée est « une ville qui met ses données au service du citoyen »

Comme l’explique Francis Wolinski, une ville connectée repose sur  « une collecte massive de données ».  En recroisant les données,  en les traitant, on peut faire des analyses prédictives et fournir de l’information. Par exemple, en sachant où se trouve un piéton, on peut plus facilement lui indiquer l’arrêt de bus le plus proche. Mais, si l’optimisation des transports est pour le moment le secteur le plus développé, des applis commencent également à voir le jour concernant la collecte des ordures ou la consommation de l’eau. Cette récupération de données ne concerne pas que les individus : l’éclairage public, la circulation, la consommation des différents équipements et bâtiments peuvent ainsi être optimisés. Ainsi, la mise en place d’une ville connectée pourrait « limiter l’impact énergétique » selon Yannick Avelino.

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Enregistrement de Radio Agora durant le festival Ecozone

Selon lui, une ville connectée est « une ville qui met ses données au service du citoyen ». Pourtant, cette politique de croisements des données pose diverses questions éthiques et pratiques. Il nous rappelle que depuis quelques années, « l’anonymisation  des données est une question très débattue et très étudiée ». Alors, quels réseaux utiliser ? A qui appartiennent-ils ? Quelle quantité d’infos faut-il récolter et quel est l’impact sur les libertés publiques et individuelles ?

Autre risque : la fracture numérique. Francis Wolinski nous le répète : « nous sommes dans une période de transition ». Les smartphones ne sont pas (encore) dans toutes les poches. Afin d’éviter un risque d’exclusion des populations les plus défavorisées, il est donc important que « la ville assure l’accès au matériel mais aussi à des moyens d’apprentissage » assure Sophie Donzel, comme à l’Agora à Nanterre ou dans les médiathèques.

Dernier enjeu, l’impact environnemental et notamment celui des ondes wifi et l’énergie utilisée par les data center où sont conservés toutes nos données.
Est-il possible  de mettre en place des réseaux Wifi collectifs comme on l’a fait avec les Autolib’ ? Et que penser de l’interconnexion des systèmes de production d’énergie, thème pour lequel « la ville a sa place à part entière » d’après Yannick Avelino  ?

Autant de questions auxquelles il faut répondre avant de mettre en place  une « smart city » qui respecte aussi bien l’environnement que les citoyens.

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